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Arlette


 





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Raphaëlle Robert


 
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 Septembre 2007    

Voyage au Sénégal en Juin 2007

  

 

Vendredi 8 juin 7ème jour

 
Matinée libre à Sally, sa piscine et sa plage. Nos amis apprennent avec soulagement que leur valise a été retrouvée au Japon et vient juste de revenir à la réception. Ils vont pouvoir se changer, de la tête aux pieds !

Après–midi départ pour Dakar et l’île de Gorée.

 

Nous longeons la Petite-Côte qui s'étend sur près de 70 km au sud-est de Dakar, entre Rufisque et Joal Fadiouth au sud vers le Sine Saloun. La  mer y est toujours calme, protégée par la presqu'île du Cap-Vert qui atténue les effets des vents marins. Plages et villages de pêcheurs se suivent. Le soleil toujours présent. C’est la côte d’Azur sénégalaise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Mbour nous assistons à l’arrivée des pêcheurs, dans une cohue indescriptible et bon enfant. Les porteurs avancent dans l’eau jusqu’à mi-torse avec un panier sur la tête que ceux du bateau remplissent. Ils reviennent à terre le porter aux camions frigorifiques qui attendent à côté. Quand un poisson tombe, il devient la propriété de celui qui le ramasse, aussi de nombreux noirs attendent patiemment leur chance.
Mbour est un des plus grands ports de pêche du Sénégal avec Soumbédioune près de Dakar, Kayar, Saint-Louis,   Rufisque, Mbao,  Joal, Ziguinchor, Cap Skirring, et quelques autres.

 

Les ports de commerce qui font de l'import-export de marchandises et qui sont équipés pour l'accostage de cargos ou de portes-containers sont Saint-Louis, Dakar, Kaolack et Ziguinchor.
Pour plus de détails : site www.senegalaisement.com

 


Après Mbour nous remontons sur  Dakar. Avant Rufisque Arlette aperçoit

une route qui va vers la mer avec la pancarte Popenguine. Les souvenir rejaillissent.

 

Popenguine avec sa basilique et sa vierge noire où elle fit sa retraite de communion solennelle.Popenguine est un petit village en bord de mer, à 60 km de Dakar, entre Toubab Diallaw et La Somone. Chaque année, depuis 1888, des milliers de jeunes se rendent à pied jusqu'au sanctuaire à l'occasion du pélerinage annuel de la Pentecôte.

 

 

A partir de Rufisque nous sommes pris dans des embouteillages monstres, dignes de la place de la concorde aux heures de pointe.

 

 

 

  

Enfin arrivée au port de Dakar et embarquement pour l’île de Gorée. L’île où les esclaves étaient entassés et stockés comme de la marchandise avant d’être embarqués pour le nouveau monde d’où ils ne revenaient jamais.

 

 

L’aspect pimpant de l’île aux allures méridionales écrasée de soleil ne laisse pas présager l’histoire d’un tel drame. La honte des négriers français. Le conservateur de la maison des esclaves, peinte en une couleur gaie rouge pastel nous montre les chaines, les cellules, un schéma montre comment ils étaient entassés sur le bateau pour un remplissage maximum et le meilleur rendement de transport possible au mépris de leur vie, beaucoup mourraient pendant la traversée. (Je suis saisi d’un doute tout de même, puisqu’il s’agissait de marchandise qui était revendue à l’arrivée, les négriers n’avaient pas intérêt sur le plan strictement financier à voir leur marchandise détruite. Alors ? Sans mettre en doute les conditions de traversé abominable ne prenaient-ils pas un minimum de précautions ? Le seul espoir des filles était de coucher avec un geôlier et d’avoir un enfant. Dans ce cas elles ne partaient pas et restaient en Afrique. Si le geôlier était riche et si l’enfant était une fille elle devenait une Signare (de l’espagnol Señorita) qui vivait richement et si de plus elle était belle elle était admirée par la population sénégalaise.

 

Le conservateur de la maison des esclaves est d’une grande dignité. Le lieu appel au silence. Sur les murs de son bureau les déclarations des hommes les plus célèbres du monde entier lui ayant rendu visite. De ces textes il ressort que la noirceur intérieure est ce qu’il y a de pire et qu’elle n’épargne aucune population, quelque soit la couleur de sa peau.

 

Bon sang ! Tous ces gentils la bouche remplie de belles paroles, la main sur le cœur, que font-ils ? Que peuvent-ils faire ? Peut-on ajouter en ce lieu que même les noirs entre eux pratiquaient l’esclavage ? En réalité si, ils font beaucoup. C’est avec eux qu’au fil des siècles l’esclavage a été aboli, et la France a mené le combat en tête avec quelques autres pays dont l’Angleterre.

 

 

 

 

Honte à Napoléon d’avoir rétabli l'esclavage dans les colonies alors que nous étions les premiers à l'avoir aboli sous la révolution française, le 4 février 1794 par la Convention. Il faudra attendre le décret d'abolition du 27 avril 1848 pour que cette fois cette honte de l’humanité soit définitivement abolie par la France. Du coup les Anglais nous avaient précédés en 1833. Mais honte aux Américains sudistes d’avoir résisté farouchement par la guerre et encore plus avec la ségrégation raciale qui fit rage et le général Forrest fondateur du Ku-Klux-Klan jusqu’à ce que la rébellion pacifique de militants pour les droits civiques comme Rosa Parks et Martin Luther King, aboutisse  à l'adoption du Civil Rights Act le 9 septembre 1957 et le Voting Rights Act en 1965. Quels retardataires !

 

L’Afrique du sud elle, n’a pu se débarrasser de cette plaie qu'est la ségrégation raciale qu’en 1990 sous la pression de Nelson Mandela et un boycott économique mondial du pays.

 

Mais savez vous que tous les états Américains n’ont pas aboli les lois ségrégationnistes ? La constitution de l'Alabama stipule toujours que  « des établissements scolaires distincts doivent être fournis pour les enfants blancs et les enfants noirs, et aucun enfant de l'une de ces deux races n'est autorisé à aller dans un établissement réservé à l'autre ». Une proposition d'abroger cette disposition a échoué de justesse en 2004. Ceux qui traitent au XXIème siècle les français de racistes se gardent bien de tout commentaire vis-à-vis des américains. Ils ne savent même pas les pauvres petits que le vrai racisme existe toujours et ce, dans le pays le plus puissant du monde qui de plus ose donner des leçons de démocratie aux autres !

 

Mais un jour, ce sera un noir qui sera élu président des Etats-Unis, et ce jour là sera un grand jour pour l’humanité toute entière.

 

 

 

 

Revenons à Gorée, le conservateur toujours très digne termine sur ces mots : « Le peuple africain a pardonné, mais il ne pourra jamais oublier » Qui le pourrait ?

 

 

Après un tel pèlerinage une minute de silence est de rigueur.

 

 

 

 

Suite au prochain numéro..     

 

 



 

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