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Arlette


 





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Raphaëlle Robert


 
Clics 499

le 6 Août 2007

 

Voyage au Sénégal en Juin 2007

 

 

 

 

Mardi 4è jour

 

De Saint Louis du Sénégal au Siné Saloum

Nous attaquons notre plus long trajet en minibus, de St Louis au Siné Saloun via un village Peul, le désert de dunes de Lompoul, des raccourcis cahoteux et sauvages puis, lassés d’un long voyage dans les brouillards du soir nous nous poserons à l’hôtel Pélican, affamés et courant sur le rivage.

 

Le désert de Lompoul

Ce sont les dunes du bord de l’océan qui avancent dans les terres en les désertifiant. Depuis plusieurs années les Sénégalais plantent de la végétation chargée de retenir les dunes et d’arrêter leur progression et le pays n’est plus en danger. A vrai dire avec le Paris Dakar les dunes sont même devenues touristiques. Nous arrêtons notre minibus au bord du chemin et embarquons dans un 4x4, un vrai quatre roues motrices et châssis renforcé. Le chemin sinue dans des plantations d’arbrisseaux de plus en plus envahis par les sables. Soudain une côte raide que notre chauffeur attaque à pleine vitesse pour ne pas s’enliser et au sommet un spectacle a la fois prévisible et malgré tout surprenant, « l’orée » du désert. Et bien croyez le ou pas mais c’est plein de sable ! Du sable à perte de vue.

Et nous voilà à circuler dans les dunes, on aperçoit même trois dromadaires en ballade avec leur moniteur de ski. (Meu non, j’rigole, leur heu conducteur, peut-être chamelier pour chameaux à une bosse ?)

 

Le campement comprend une quinzaine de tentes. Ouzin nous propose une petite ballade dans les dunes pour nous mettre en appétit. En avant sous un soleil de plomb ! (C’est le cliché consacré, en réalité le soleil était parfait). C’est d’abord une marche pour touristes, puis arrivé au pied d’une dune plus haute que les autres et sur le versant abrupt voilà que notre guide lance un « qui m’aime me suive » et monte rapidement la pente raide en provoquant une petite avalanche de sable à chaque pas. Nous suivons, et c’est vrai que les pieds s’enfoncent dans le sable mou jusqu’aux chevilles et redescendent de moitié à chaque pas vers le haut. Coûte que coûte nous arrivons en haut fiers de cet exploit et nous prenant pour de vrais hommes du désert.

 

Soudain, au loin apparait un point minuscule. On se croirait dans « Laurence d’Arabie » C’est un voyageur qui nous vient de loin. Il marche probablement depuis des heures dans le sable et s’en va on ne sait où. Le temps n’a pas la même valeur ici, il s’écoule à son rythme sans être constamment bousculé.

 

Pour finir une petite ballade en chameau, à nous les grands espaces. Moins difficile qu’on ne le dit sauf la première fois quand l’animal se relève évidement, et aussi quand il fait un faux pas dans le sable, sinon le balancement quand on a pris le rythme devient même agréable.

 

Le repas sous la tente se compose de viande en sauce excellente, de riz, puis mangues et bananes en désert, le tout arrosé de bière « gazelle »

Boisons : Au Sénégal l’eau potable est précieuse et coûte cher, on ne doit boire que de l’eau minérale en bouteille décapsulée devant vous.

 

Les bouteilles d'eau au restaurant sont vendues entre 1200 et 2500 francs CFA (2 à 4 euros)
La bière « Gazelle » en 66 cl est la plus abordable des boissons
Le vin en carafe est aussi abordable et le bon vin coûte un peu plus cher qu’en France.

 

Ah ! Les gazelles ! Au Sénégal, les filles sont appelées les « gazelles » et les garçons les « gazous » et entre gazelles et gazous ça carbure aux petits oignons croyez moi !

 

Après le repas la sieste (quel merveilleux pays pour un type comme moi !)
Puis en route pour le Siné Saloum.

 

 

Visite d'un village Peul 

C’était avant, mais peu importe. Les Peul sont des éleveurs, ils ne vivent que pour leur bétail et jamais ne tueront une bête. Ils mangent du mouton ou de la biquette, mais pas leurs vaches (qui ressemblent à des zébus avec de grandes cornes)
Leur bétail leur donne du lait. Ils boivent le lait, en font du lait caillé et aussi de l’huile.

Ce sont des nomades qui recherchent de grandes étendues pour leurs troupeaux. Ils se déplacent avec tout leur campement qui est donc réduit au minimum. (On devrait dire au maximum puisque c’est de la réduction dont il s’agit et un maximum de réduction fait bien un minimum à transporter ! Je vous embête hein !)

Ceux là on trouvé un endroit qui leur convient et ont même un puits.

 

Un puits est une grande richesse 

Un puits est une grande richesse ils vont certainement se sédentariser s’ils en obtiennent la concession par les  chefs locaux

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L’accueil est chaleureux, les femmes chantent et dansent. Un bébé vient de naitre dans le camp, nous sommes autorisés d’aller le voir avec sa mère dans leur case. Les cases rectangulaires en bois sont petites, juste la place de deux lits et un passage entre. Un lit pour la femme et l’autre pour ses enfants tant qu’ils sont petits jusqu'à dix ans. Nous voilà tous entrés avec la moitié du village. Le bébé est à peine visible, la maman est heureuse.

 

Et les hommes ? Ils sont partis garder les troupeaux ou ils évitent les touristes trop curieux qui sait ? Seuls deux ou trois sont restés et se tiennent en retrait.

 

Au moment de repartir Ouzin leur offre quelques produits de base que nous avons acheté pour eux, du sucre, des gâteaux secs, du savon, des bougies. C’est bien mieux que de donner quelques bonbons ou quelques pièces aux enfants ce qui ne leur vaut rien pour les dents et encourage par-dessus le marché à la mendicité. Notre guide nous a dit pour nous flatter que nous faisions ainsi de « l’humanitaire ». N’exagérons pas, c’est simplement de « l’utilitaire » et c’est déjà bien.

 

Revenons à la route du Sine Saloum. Après la grande route nationale on prend un « raccourci » pour éviter la circulation vers Dakar et voir du pays par la même occasion. En avant sur les pistes de latérite, une terre rougeâtre dure et poussiéreuse et qui n’en finissent pas. Pas de tôle ondulée mais des trous par ici et par là et encore. On est bien secoué y’a pas à dire. A l’entrée des villages de superbes dos d’âne que le car prend au ralenti. Sur les bas côtés de grosses pierres empêchent de les contourner. Ce sont des ralentisseurs pour éviter les accidents dans la traversée des villages, certainement une idée mis en place depuis l’arrivée du Paris Dakar dans ces régions.

 

Le paysage sinon grandiose est "africain" ! Cette blague, bien sûr qu'il est africain, nous sommes bien en Afrique. Si vous voulez on peut dire grandiose, époustouflant, mirobolant, décoiffant, bluffant, sompteux, merveilleux, sidérante, enfin bref, c'est beau. Par endroit des baobabs à perte de vue. Quelque fois des « fromagers » Non, non ce ne sont pas des fabriquant de fromage mais des arbres gigantesques ressemblant beaucoup aux baobabs avec des branches un peu plus grosses et plus de feuilles. Ils sont reconnaissables surtout grâce aux stries verticales de un mètre de haut environ qui ceinturent la base du tronc et que les baobabs n’ont pas. Ces arbres au bois imputrescible servent à faire des pirogues et des bateaux.

 

Le casse-croute des vautours

Le matin nous avons eu droit à un spectacle étrange, un mouton s’était fait tuer en traversant imprudemment la route et sa carcasse avait été rejetée derrière le talus. Elle servait de festin à toute une bande de vautours. Cela arrive de temps à autre le long des routes, chèvres et moutons en sont les victimes, parfois même un âne ou un cheval.
Le mini bus s’arrête et nous filmons à qui mieux mieux on nous prendrait presque pour des touristes ! Les mâles dominants se servent en premier et repoussent les audacieux en déployant largement leurs ailes et en leur fronçant dessus de leur démarche sautillante mais déterminée. Le reste de la bande se tient à l’écart en attendant son tour. C’est spectaculaire.

 

Le sud du Sénégal est peuplé par les Sérère peuple de cultivateurs qui selon la légende descendraient des Hittites qui avaient tenu la dragée haute aux pharaons Egyptiens il y a plus de 3000 ans. Après leur déclin ce serait leurs survivants qui seraient venus s’installer le long du fleuve Sénégal dans sa partie verdoyante et propice à l’agriculture. Avec les invasions Arabo-Berbères ils durent fuir et se réfugier dans le Sud vers le Sine Saloum où par chance l’agriculture y est encore plus facile.

 

Ils en ont fait le grenier du Sénégal et n’y ont pas perdu au change.

 

En plus des moutons et des chèvres présents un peu partout, voilà que nos apercevons de cochons, des phacochères mon cher comme on le nome ici. Il s’agit d’un indice important, vous ne voyez pas ? Allons on vous dit tout : les musulmans n’ont pas le droit de manger du cochon, alors ici se trouve quelques communautés catholiques. Ah ! Là, là ! Faut tout vous dire !

 

Visite d'une concession Sérère

C’est une seule famille, le chef, ses quatre femmes et ses nombreux enfants. Leurs cases sont protégées dans un enclos, en face de l’entrée une petite palissade symbolique cache la case du chef. De chaque côté de cette case se trouvent les cases des femmes, chaque femme à sa case et y couche avec ses enfants de moins de 10 ans, comme chez les Peul. Plus près de l’entrée et de part et d’autre se trouve les cases des jeunes gens, les garçons et les filles.

 

Les femmes pillent le mil.

Un travail qui vaut dix séances de bodybuilding chez nous ! La première étape se passe en dehors du camp car les rejets sont toxiques. La deuxième à laquelle nous assistons se fait dans le camp, le mil est mouillé dans une grande calebasse et les coups de pilon séparent la graine très dur de sont enveloppe. Les femmes manient des pillons aussi hauts qu’elles, pour frapper avec plus de force elle le lance en l’air et accompagne sa retombée en poussant très fort. Boum ! Sous le choc le pilon rebondi et elles en profitent pour le faire monter un peu plus haut encore. Pendant sa course dans les airs elles en profitent parfois pour se taper dans les mains en cadence. Ce n’est pas seulement pour se donner du cœur à l’ouvrage ou encore pour accompagner leurs chants, c’est d’abord pour éviter d’attraper des ampoules aux mains.

Elles sont a plusieurs et se relayent fréquemment ce qui leur permet de récupérer et d’être plus efficaces encore pour la manœuvre.

On devrait en faire une discipline Olympique, ce serait génial, Une discipline ou les femmes battraient les hommes à plate couture à moins que ceux-ci ne s’entrainent sérieusement.

 

 

A l’extérieure de la palissade, et tout autour du camp se trouvent les jardins des femmes. L’une d’elles nous offre des mangots directement cueillis dans les arbres qui nous entourent. Plus loin sur un deuxième cercle agrandi ce sont les champs de culture des hommes, divisés en trois sections qu’ils font tourner en assolement triennal. Un an l'arachide,  un an le mil et un an de jachère pour reposer la terre.

Entre les concessions de chaque tribu se trouvent des espaces libres qui sont à personne et à tout le monde. C’est là que maintenant ils font paître leurs troupeaux, car eux aussi se diversifient. Les agriculteurs se mettent à élever des animaux de même que les Peul éleveurs commencent à cultiver la terre.

 

Avant de partir notre guide distribue savon, dentifrice, gâteaux secs, bougies et autres menus articles qui leurs sont précieux. Nous avons tous noté a chaque fois la propreté des camps qui contraste avec les rues de Dakar et les abords des villages où des milliers de sac plastiques jetés dans les décharges sont entrainés par le vent dans les champs environnant offrant ainsi un bien triste spectacle de pollution.

 

 

 

En l'absence des brouillards du soir, mais néanmoins lassés d’un long voyage, nous arrivons fourbus et poussiéreux à l’hôtel Pélican. Une douche, puis nous retrouvons au bar pour un double wiski, (notez que dans les romans les wiskis sont toujours double, ça fait plus classe). Et la vie redevient plus belle, d’ailleurs elle l’est réellement ; des paysages passionnants, des gens sympathiques, un dépaysement assuré et notre petit groupe ressemble plus à une ballade entre amis qu’à un voyage organisé. Notre cher Ouzin y est aussi pour beaucoup, il parle avec une passion communicative de son pays.

 

Au repas du soir des « fritos » de barracuda.

 

Du barracuda ! Ça ne se refuse pas.

 

 

 

 

 

Suite ...      

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