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Raphaëlle Robert


 
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Décembre 2009            

Venise inondée par les pluies de novembre

Venise

 

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.


Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.


Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,

 

 

 

 

Photo : Source  Le figaro actualité 24 heures photo

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.


La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.


Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.


Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,


Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,


Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.


-- Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.


Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.


Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant;


Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.


Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?


Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.


Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.


Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté !

 

Alfred de MUSSET


Contes d'Espagne et d'Italie (1830)

 

 

 

 

 

  

 

Venise inondée

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Jean le 2-12-2009. Musset n'avait plus qu'à dire :
Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers volés...
Et pardonnés.


Robert le 2-12-2009. Venise et Alfred de Musset
Une merveille tout cela c'est bien vrai. Et pendant ce temps George Sand qui tombait amoureuse du médecin qui soignait Alfred et qui abandonnait son poète de Musset pour ce monsieur chanceux.

 

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